Abidjan, le lundi 27 avril 2026(LDA)-La signature récente d’un mémorandum d’entente (MoU) entre la Société de gestion et de développement des infrastructures industrielles (SOGEDI), le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) et un consortium d’entreprises chinoises, en vue de la réalisation d’un pôle économique dans la région de l’Agnéby-Tiassa, suscite des réactions contrastées.
Il faut noter que ce projet prévu à PK 104(Autoroute du nord entre la voie qui mène à Agboville et l'échangeur de Bodo), situé dans la zone PK120 n’est pas essentiellement industriel et s’inscrit dans une approche économique globale et intégrée.
Sur fond de présumées inquiétudes exprimées par des communautés locales, le débat public semble toutefois marqué par une confusion entre les différentes étapes de ce projet pourtant encore à un stade d’amorçage.
L’accord ne vaut ni lancement effectif des travaux
Au cœur des interrogations figure la portée réelle du document signé le 15 avril 2026. En l’état, le mémorandum d’entente constitue un cadre de coopération entre les parties prenantes, visant à explorer les conditions de faisabilité d’un projet de zone économique spéciale d’envergure.
Contrairement à certaines interprétations, ce type d’accord ne vaut ni lancement effectif des travaux, ni engagement irréversible sur le foncier. Il s’inscrit dans une phase amont de cadrage stratégique, au cours de laquelle les partenaires définissent les contours techniques, économiques et institutionnels du projet.
De sources concordantes, la délimitation de l’espace envisagé constitue, à ce stade, l’une des premières étapes effectivement engagées. Les procédures administratives subséquentes, notamment celles relatives à la déclaration d’utilité publique, n’auraient pas encore été formellement enclenchées.
Dans ce contexte, assimiler l’état actuel du projet à une opération de “purge foncière en cours” ou à une expropriation imminente apparaît, sur le plan strictement procédural, largement prématuré.
SOGEDI, une nouvelle expérience institutionnelle
Il convient par ailleurs de rappeler que la SOGEDI est une structure née de la dissolution de l’Agence de gestion et de développement industriel (AGEDI), ancien instrument de mise en œuvre de la politique d’industrialisation de la Côte d’Ivoire. Elle s’est progressivement imposée comme un acteur central dans la planification et la réalisation des zones industrielles du pays.
Parmi ses acquis visibles figurent ; notamment la zone industrielle du PK 22, devenue un pôle structurant du tissu industriel abidjanais, et la zone industrielle de Bonoua, qui illustre également la capacité de l’État à développer des infrastructures économiques sans remise en cause systématique des droits des populations riveraines.
Dans ces différents cas, les opérations de mobilisation foncière ont été conduites dans un cadre réglementaire, sans que les populations ne soient exposées à des situations de spoliation, les mécanismes d’indemnisation et de concertation ayant été mobilisés.
Cette expérience constitue aujourd’hui un facteur d’espérance pour les communautés concernées par les nouveaux projets, dans la mesure où elle témoigne d’une approche structurée de l’aménagement industriel.
3 000 hectares pour un projet de grande envergure dans l’Agnéby-Tiassa
S’agissant du projet de l’Agnéby-Tiassa, il convient de préciser que les 3 000 hectares évoqués correspondent à une réserve d’aménagement global intégrant une vision élargie du développement territorial.
Selon plusieurs sources, cet espace ne se limite pas à une plateforme industrielle classique, mais inclut également la conception d’une ville nouvelle ou d’un pôle économique intégré, comprenant des logements, des infrastructures sociales et des services de base.

Cette précision est importante dans la mesure où elle permet de mieux appréhender la logique d’ensemble du projet, qui dépasse la seule dimension industrielle pour s’inscrire dans une planification urbaine et économique à long terme.
À ce stade, le projet de pôle économique de l’Agnéby-Tiassa demeure dans une phase de maturation. Son évolution dépendra autant de la rigueur des procédures institutionnelles que de la capacité des acteurs à maintenir un dialogue ouvert avec les populations concernées.
Un projet du Conseil régional
Il convient de préciser que le projet de pôle économique de l’Agnéby-Tiassa est, selon les termes du document de la SOGEDI, une initiative portée par le Conseil régional de l’Agnéby-Tiassa. Il est piloté par l’Agence de développement de la région (ADER-AT), avec l’implication des structures étatiques compétentes.
Cette précision est essentielle dans la mesure où elle replace le projet dans son cadre institutionnel réel, loin de certaines interprétations qui tendent à le présenter comme une démarche unilatérale ou source de tensions déjà établies avec les populations. À ce stade, les éléments disponibles indiquent qu’il s’agit d’un projet structurant en phase de conception, porté par les autorités locales et nationales dans une logique de développement industriel et territorial.
Auteur: Mohamed Compaoré