Print this page

Côte d’Ivoire-Vente de Petit cola : un business en plein essor à Abidjan

Abidjan, le mercredi 3 juin 2026(LDA)-Connu pour ses vertus médicinales et sa symbolique culturelle, Garcinia Kola (nom scientifique) communément appelé « petit cola » est aujourd’hui au cœur d’un commerce florissant dans les rues d’Abidjan et même à l’intérieur du pays. Vendu à la sauvette dans de petits sachets ou sur de petits étals aux abords de la chaussée, cette petite graine aigre est devenue une source de revenus pour de nombreuses familles. 

Plusieurs dérivées

jus de petit colas 250ml site web moushenco scaled

Dans les différentes communes de la capitale économique ivoirienne (Abidjan), notamment Abobo, Adjamé, Treichville, Port-Bouet, Marocory, Kouamassi et Yopougon, ces précieuses noix sont proposées à des clients de divers horizons. Le petit cola est proposé sous plusieurs dérivées, de façon brute, séchée, en poudre, tisane, complément alimentaire, huile etc. Il y a les noix qui, très souvent, sont vendues en tas dans de petits sachets à la sauvette ou sur des étals avec 1 noix ou 2 à 100 FCFA voire 200 FCFA. Il y a la dérivée avec la noix rappée dans des petites bouteilles d’eau d’Awa, Céleste etc à 500 FCFA. L’autre aspect, c’est la transformation de la graine en produit énergie buvable soit à 500 FCFA ou 1000 FCFA la bouteille ou en cannette. Ces produits se retrouvent généralement dans de grandes boutiques du quartier et également sur la table du gérant de cabine.

Forte demande

La commercialisation du petit cola est devenue très lucrative pour ceux ou celles qui en ont fait leur activité principale. Selon nos informations, il arrive des moments où la graine manque sur le marché. Une pénurie due à une forte demande, dit-on. Et cette demande a fortement augmenté ces dernières années, en raison de ses propriétés médicinales (anti-inflammatoires, antioxydantes) et de son rôle culturel. Le petit cola est particulièrement prisé par les travailleurs et les étudiants en quête d’un stimulant naturel. De nombreux jeunes en quête d’emplois décents ont, pour l’instant, trouvé dans ce commerce une opportunité de subsistance. Une activité qui leur permet d’avoir leur gagne-pain quotidien. Surtout que les chauffeurs de taxis, commerçants, étudiants et même fonctionnaires consomment régulièrement le petit cola sous ses différentes formes de produits finis.

Konan Joseph, 28 ans, a débuté dans la vente de petit cola il y a deux ans à Adjamé. Aujourd’hui, il a fait de cette activité sa première source de revenus. « Avant, je vendais des bonbons et des chewing-gums, mais ce n’était pas vraiment rentable. Un ami m’a conseillé de me lancer dans la vente de petit cola, et aujourd’hui, en vendant le petit cola en sachet de 500 FCFA, j’arrive à gagner entre 5 000 et 10 000 F CFA par jour », a-t-il clamé. Comme lui, Diarra Nawa, vendeuse de divers articles au marché de Treichville, n’est pas en marge des avantages de ce commerce florissant. « Nombreux de mes clients me disent que ça les aide à rester éveillés et concentrés, surtout ceux qui font un travail de nuit ou travaillent la nuit », a-t-elle confié, ajoutant que le petit cola est conseillé pour les problèmes digestifs, et même les femmes enceintes l’utilisent pour stopper la nausée. 

En plus de son effet énergisant, le petit cola est apprécié pour son rôle social. « Chez nous les malinkés et sénoufo, le petit cola se partage souvent entre amis ou en famille. C’est aussi un signe de respect lors des rencontres traditionnelles (mariages, funérailles etc…) », explique Dame Nawa, précisant que ce commerce lui rapporte environ 40.000 Fcfa par mois. « Il faut savoir choisir son fournisseur. Parfois, on tombe sur du petit cola trop sec ou qui n’a pas bon goût, et ça, les clients n’aiment pas », déplore Koffi Alain, un vendeur ambulant à Adjamé, dont le quotidien est de se faufiler entre les voitures.

 POHLOER73RDSXHQUVS5ASHO7AI bon

Les prix fluctuent

Le prix du petit cola varie en fonction de la qualité et de la région. En gros, il peut coûter entre 500 et 2 000 FCFA le kilo, tandis qu’au détail, les prix fluctuent selon les vendeurs et les communes. Le prix peut aller de 2500 Fcfa à 3500 Fcfa. Et la forte concurrence oblige les vendeurs à innover. Des entrepreneurs proposent désormais le petit cola en petits sachets hermétiques et mélangés avec d’autres produits naturels pour attirer plus de clients. C’est le cas avec Gisèle Kouamé, commerçante dans la commune de Yopougon. Elle vend du jus énergétique 100% naturel à base de petit cola avec miel et gingembre. « Le petit cola est un produit très prisé ce qui fait appel à l’innovation si on veut avoir sa part du marché. C’est à travers des voyages et apprentissages que j’ai pu créer ce jus 100% énergétique qui est bien apprécié par mes clients », se réjouit-elle.

Avec la montée en puissance des produits naturels et le bouche-à-oreille autour des bienfaits du petit cola, ce marché a encore de beaux jours devant lui. Certains commerçants espèrent même voir cette filière mieux structurée et valorisée à travers une transformation industrielle. « Si on pouvait mieux organiser cette filière, créer des emballages modernes et exporter plus, ce serait une grande avancée », suggère Mamadou Koné, grossiste au marché de Treichville.

L’un des principaux producteurs

Pétit cola

La Côte d'Ivoire fait partie des principaux producteurs et commerçants de la noix de cola, incluant le « petit cola » en Afrique de l’Ouest. Cependant, sa production est menacée par la déforestation et le changement climatique, qui affectent la disponibilité de la noix. Certes l’avenir est prometteur pour les industries qui se développent autour, mais d’importants défis restent à relever.

Si la vente du petit cola est un business en pleine expansion, l’approvisionnement du marché en produits de qualité reste un défi majeur. En attendant, le petit cola continue de circuler dans les rues animées d’Abidjan, enrichissant ceux qui le vendent et stimulant ceux qui le consomment.

 

Auteur: OM