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Côte d'Ivoire-Sécurité nationale : Dr Angèle Ouraga plaide pour une plus grande inclusion des femmes

Abidjan, le vendredi 8 mai 2026(LDA)-« Face à plusieurs défis sécuritaires (criminalité armée, cybercriminalité, terrorisme, addictions), il faut une co-production de la sécurité », a déclaré Dr Angèle Ouraga, criminologue, experte en genre et sécurité, par ailleurs directrice exécutive de la Fondation SERENTI et chargée de programme au Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’ouest-section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI), une organisation non gouvernementale (ONG) ivoirienne, qui œuvre pour la promotion de la paix, la sécurité inclusive, le développement durable et la dimension genre. C’était à l’occasion de l’atelier-média organisé par le Réseau des journalistes pour la paix et la sécurité (RJPS), du 22 au 26 avril 2026, à Bonoua (ville du Sud-Est de la Côte d’Ivoire) en collaboration avec le RASALAO-CI.

Justifiant sa position, l’experte explique que la notion de « sécurité » a longtemps été considérée comme une affaire de l’État, centrée sur la protection du territoire face aux menaces militaires. Cependant, après la Guerre froide, cette conception a évolué vers une approche plus humaine « sécurité humaine ». Désormais, la sécurité ne se limite pas seulement aux menaces militaires classiques mais prend en compte également les conditions de vie des populations et la promotion des moyens de subsistance.

Elle a rappelé que la Réforme du secteur de la sécurité (RSS) engagée par l’Etat ivoirien, après la crise-électorale de 2010, vise à instaurer un climat de sécurité favorable au développement. S’inspirant de l’idée que la guerre est une chose trop grave pour être confiée aux seuls militaires (Georges Clemenceau).

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Parlant de la gouvernance inclusive, Dr Ouraga explique qu’elle a pour objectif de transformer les populations responsables de leur propre sécurité aux côtés des forces de sécurité et de défense.
Selon la criminologue, cette approche a pour objectif d'encourager plusieurs acteurs, notamment les femmes, les jeunes et les institutions de sécurité ( la police et la gendarmerie) à co-produire l'information ; afin de bâtir un environnement plus sûr, au-delà de la « sécurité traditionnelle » garantie par l'État.

Dans sa communication, Dr Ouraga a insisté aussi sur le fait que la sécurité humaine mobilise aussi bien des acteurs étatiques(ministères, forces armées nationales, institutions nationales de droit de l’homme), que les acteurs non-étatiques comme les Ong, les médias, les organisateurs de la société civile etc.

Dans cette dynamique, le rôle des femmes est crucial. « Malgré les différentes barrières (stéréotypes, manque de confiance, violence basée sur le genre…) auxquelles elles font face, les femmes et les jeunes femmes jouent des rôles via leur leadership dans les comités de sécurité, médiation, sensibilisation. Elles apportent des perspectives uniques sur les menaces et les solutions de sécurité », a-t-elle soutenu.

Pour la conférencière, l'inclusion des femmes et des jeunes n'est pas une option, mais une nécessité pour une société plus sûre. C’est pourquoi, elle a invité les journalistes à contribuer à la vulgarisation des agendas 1325 et 2250 des Nations unies respectivement consacrés aux femmes et aux jeunes.

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Pour rappel l’atelier de formation à l’intention des journalistes ivoiriens avait pour thème : « Appui à la vulgarisation des agendas féministes Paix et sécurité auprès des communautés en Côte d’Ivoire (SAC-CI) ».

 

Auteur: Eugène Yao