Il a indiqué que cette mandature se déroule dans une conjoncture exceptionnelle, riche en opportunités à saisir pour poursuivre la dynamique de réalisations. Ainsi, le nouveau mandat législatif et gouvernemental doit constituer un tournant pour un Maroc qui vise à consolider son statut de puissance économique émergente et fiable, tout en équilibrant croissance économique et justice sociale et spatiale.
Le Roi a affirmé que le Royaume a consolidé sa position de partenaire responsable, fiable et soucieux d'honorer ses engagements. Il a ajouté que le Maroc est fondé à recevoir le même traitement de la part de ses partenaires. S'agissant de la migration, il a reconnu que l'approche équilibrée du Maroc a produit des résultats concrets. Cependant, il a constaté que le modèle actuel de coopération a atteint ses limites, comme le montrent les crises récurrentes. Il a fait la même analyse pour l'Espagne, avec laquelle le partenariat a connu des avancées dans divers domaines, notamment la lutte contre l'immigration irrégulière. Néanmoins, cette coopération fait face à des défis majeurs liés à des dispositions légales dépassées et à des décisions judiciaires éloignées de la réalité. Ces obstacles entravent le rapatriement des mineurs et des personnes usurpant le statut de réfugié et alimentent les réseaux criminels. Face aux déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques et à leur instrumentalisation flagrante, le Roi a affirmé que le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire qui ne peut faire l'objet d'aucune pression, menace ou chantage. Dans ce cadre, le Maroc présentera à ses partenaires un document exposant une vision stratégique, claire et pratique, visant à promouvoir le co-développement, la compétitivité économique et la stabilité régionale. Cette initiative ouvre une nouvelle séquence pour la diplomatie marocaine, car elle incarne un Maroc qui propose, qui anticipe et qui trace une voie de co-développement et de stabilité régionale. Ce discours n'est pas un discours de crise, mais un discours de maturité politique et diplomatique.
Pour ce qui est des questions intérieures, le Roi a rappelé son attachement à la marocanité et à l'identité nationale. Il a précisé que la fierté nationale n'est ni vanité ni autosatisfaction, mais un moteur qui transforme l'appartenance en responsabilité et la confiance en devoir national. Le Maroc, l'une des nations les plus anciennes et prestigieuses, prospère sous l'une des plus anciennes monarchies. Sous la Commanderie des Croyants, les Marocains sont fiers de leur identité religieuse et de la richesse de leur civilisation. De plus, les acquis politiques et diplomatiques, les progrès économiques et sociaux et les niveaux de développement ont changé la physionomie du pays. Dans un contexte international marqué par l'accélération des mutations géo économiques, le Souverain a appelé à une nouvelle dynamique de réformes et de grands chantiers. Outre les projets d'infrastructures, une nouvelle génération de stratégies doit être lancée dans la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, l'émergence industrielle, l'économie numérique et l'intelligence artificielle. Il a aussi insisté sur la nécessité d'accélérer la constitution de réserves stratégiques et de sécuriser l'approvisionnement en produits de première nécessité. Par ailleurs, il a exhorté le secteur privé à renforcer son rôle d'acteur stratégique, à être plus entreprenant, plus créatif et plus apte à créer des emplois et à développer ses capacités d'investissement et d'exportation.
Le Roi a également placé la jeunesse au sommet des politiques publiques, appelant à une vision intégrée garantissant l'égalité des chances et couvrant l'éducation, la qualification et l'insertion économique. Ainsi, les jeunes pourront envisager une ascension sociale et renforcer leur confiance dans les institutions. En outre, il a souligné que l'enjeu de la prochaine étape réside dans l'action territoriale. La promotion du développement intégré, l'amélioration des services publics et l'encouragement de l'investissement productif dépendent de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative. Toutefois, il a relevé que des retards et des dysfonctionnements freinent encore la décentralisation et la déconcentration, affectant les programmes de développement et empêchant de répondre aux préoccupations des citoyens. Par conséquent, il a estimé qu'aucun retard supplémentaire n'est acceptable dans la mise en œuvre complète de la Charte de la déconcentration. Il a appelé au transfert des compétences et à la réaffectation des ressources humaines et financières nécessaires du Centre vers les provinces et les régions. Il a aussi demandé de lever les obstacles entravant le fonctionnement des institutions régionales, de définir plus clairement les compétences et de renforcer les effectifs et les ressources matérielles. Enfin, il a préconisé d'organiser les relations entre l'État et les régions et d'instaurer des mécanismes de coordination et de contractualisation pour doter les régions du pouvoir de décision et d'exécution des projets.
Enfin, le Souverain a rappelé aux parlementaires que leur mandat est un engagement politique et un contrat moral qui les lie aux citoyens. Il les a appelés à assumer cette responsabilité devant Dieu, les citoyens et l'histoire, et à être rétribués comme promis dans la parole divine selon laquelle quiconque viendra avec une bonne action aura dix fois son équivalent
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