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International

Autonomie des femmes : en Afrique de l’Ouest et du Centre, le soutien progresse, mais l’accès aux contraceptifs divise

Abidjan, le vendredi 25 septembre 2026(LDA)-Les opinions sur les droits et la santé sexuels et reproductifs évoluent favorablement dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Une large majorité des populations d’Afrique de l’Ouest et du Centre se prononce en faveur de l’autonomie des femmes dans les décisions liées au mariage et à la scolarité des filles.

Par OUATTARA Mariam
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En revanche, l’accès aux contraceptifs reste un sujet plus clivant, selon une nouvelle analyse d’Afrobarometer, réalisée à partir des données de ses enquêtes du Round 10 menées entre 2024 et 2025, publiée le jeudi 24 septembre 2026.

L’étude porte sur 18 pays de ces deux régions et repose sur 21 600 entretiens réalisés auprès d’adultes. Les résultats montrent notamment un soutien important à la liberté des femmes de décider de leur mariage et de leur procréation.

En moyenne, 72 % des personnes interrogées estiment ainsi que les filles et les femmes devraient pouvoir décider elles-mêmes si elles souhaitent se marier et à quel moment. Le soutien est toutefois moins élevé lorsqu’il s’agit des décisions liées à la procréation : 53 % des répondants considèrent que les femmes devraient pouvoir décider elles-mêmes du nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir et du moment où elles souhaitent les avoir.

L’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école recueille également une large adhésion. Selon l’enquête, 76 % des personnes interrogées dans les 18 pays sont favorables à ce que les établissements scolaires enseignent l’éducation sexuelle, afin d’aider les jeunes à prendre des décisions éclairées.

Cette opinion majoritaire est observée dans chacun des pays étudiés. En Côte d’Ivoire, le soutien figure également parmi les niveaux élevés enregistrés dans la région, avec 84 % des répondants favorables à l’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école.

Autre enseignement de l’étude : le maintien des filles enceintes ou déjà mères dans le système scolaire bénéficie d’un soutien encore plus important. 83 % des répondants estiment que les filles qui tombent enceintes ou ont des enfants devraient pouvoir poursuivre leur scolarité. Au moins sept personnes sur dix partagent cette opinion dans chacun des 18 pays étudiés.

Si les résultats témoignent d’un large soutien à certains droits sexuels et reproductifs, la question de l’accès aux contraceptifs apparaît beaucoup plus partagée.

En moyenne, 54 % des personnes interrogées estiment que les contraceptifs devraient être accessibles à toute personne sexuellement active, indépendamment de son statut matrimonial. Par ailleurs, 50 % sont favorables à un accès aux contraceptifs sans distinction d’âge.

Les écarts entre les pays sont particulièrement importants. Afrobarometer relève notamment un soutien très élevé au Cabo Verde, tandis qu’une opposition importante est enregistrée en Gambie.

En Côte d’Ivoire, les données de l’étude placent le soutien à l’accès aux contraceptifs sans distinction du statut matrimonial à 67 %, tandis que l’accès indépendamment de l’âge recueille 64 % d’avis favorables.

L’étude met également en évidence des différences selon les caractéristiques sociales et démographiques des répondants. Le soutien à un accès aux contraceptifs indépendamment du statut matrimonial et de l’âge est plus important chez les femmes, les personnes plus instruites et plus aisées, les habitants des zones urbaines ainsi que les jeunes.

Ces résultats sont issus des enquêtes Afrobarometer du Round 10, conduites dans 38 pays africains entre 2024 et 2025. Pour cette analyse consacrée à l’Afrique de l’Ouest et du Centre, 21 600 entretiens ont été réalisés dans 18 pays. Les échantillons nationaux comptaient entre 1 200 et 2 400 adultes et les résultats présentent une marge d’erreur comprise entre +/-2 et +/-3 points de pourcentage, avec un niveau de confiance de 95 %.

L’analyse met ainsi en lumière une adhésion majoritaire à plusieurs aspects de l’autonomie des femmes, notamment en matière de mariage, d’éducation sexuelle et de poursuite de la scolarité après une grossesse. La question de l’accès aux contraceptifs demeure, quant à elle, davantage sujette à des divergences selon les pays et les profils des populations interrogées.

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